Une voiture brûlée lors d'une manifestation de lycéens devant le lycée André Cuzin à Caluire-et-Cuire, près de Lyon, le 30 septembre 2026 ( AFP / OLIVIER CHASSIGNOLE )
La mobilisation des lycéens s'est poursuivie mercredi, émaillée par des violences que le président Macron a condamnées, l'Union syndicale lycéenne appelant à une convergence des luttes avec les étudiants et à un "acte deux" jeudi.
"J'entends et je comprends les angoisses parfois, les colères que notre jeunesse peut avoir (...) Par contre, aucun de ces débats, aucune de ces craintes ne légitime la violence. Et en aucun cas des responsables politiques (...) ne sauraient légitimer une violence au carré", a déclaré le président de la République, Emmanuel Macron, depuis Madrid, visant les responsables de La France insoumise qui soutient le mouvement de contestation.
"Les Insoumis appellent à la non-violence des méthodes de lutte", a assuré mercredi sur X le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.
Les lycéens se mobilisent notamment pour réclamer le remplacement des professeurs absents, une augmentation des moyens et des conditions d'apprentissage "décentes".
"Il y a beaucoup moins de mobilisation aujourd’hui (mercredi) mais on appelle à un acte deux demain", a lancé le président de l'USL, Ryad Rani, lors d'une conférence de presse commune à Paris avec l'Union étudiante, faisant valoir des revendications communes.
Avec la secrétaire générale du deuxième syndicat étudiant, Eloïse Lefebvre-Milon, ils appellent "toutes les organisations syndicales, associatives et politiques à (les) rejoindre dans la mobilisation jeudi" et mardi.
Ils espèrent que le 6 octobre sera une journée "décisive", avec des assemblées générales, des blocages d'universités et des manifestations, pour réclamer un "financement massif des lycées et des universités". Le syndicat propose sur son site un "tuto pour bloquer son lycée, sa fac ainsi qu'un kit de mobilisation".
Mercredi, selon la Région Ile-de-France, 75 lycées étaient perturbés, "dont 36 sont le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations".
Sollicité par l'AFP, le ministère de l'Education nationale n'a toujours pas communiqué de bilan national. Mardi, quelque 10% des lycées en France ont été touchés.
Le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, a redit sur RTL son inquiétude sur les violences, tout en jugeant "légitimes" certaines revendications.
Il a déploré que depuis le début de la mobilisation, "76 personnes (...), soit des élèves, soit des personnels", aient été blessées.
Le parquet de Tours a saisi l'Inspection générale de la police nationale pour "enquête" après la blessure mercredi d'un jeune homme à la tête, qui pourrait être liée à un tir de LBD, lanceur de balles de défense.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait indiqué mardi que 440 interpellations avaient eu lieu lors des blocages, principalement de mineurs.
"Mépris"
Une façade de maison brûlée après un feu de poubelle allumé dans le cadre d'un blocus de lycéens près du lycée Gustave Eiffel de Bordeaux, le 30 septembre 2026 ( AFP / Philippe LOPEZ )
Devant la presse, Ryad Rani s'est alarmé du "mépris", de la "répression du gouvernement" et de la "violences inouïe (des forces de l'ordre) envers les lycéens plaqués au sol avec un genou sur la tête".
Il s'est dit "favorable à rencontrer (le ministre), mais ce n’est pas nous qui allons ramper pour être reçus". "Il aurait pu nous recevoir tout de suite", a-t-il estimé.
A Lyon, la situation s'est tendue autour de plusieurs lycées et de son agglomération, selon l'AFP. La police a procédé à 14 interpellations.
"Qu'il y ait un mouvement lycéen, c'est parfaitement normal. Qu'il y ait des casseurs, c'est inacceptable et on ne le laissera pas faire", a déclaré Laurent Wauquiez, chef des députés LR et conseiller spécial de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
A Saint-Denis, le blocage continuait au lycée Paul-Eluard, même si les cours étaient officiellement maintenus.
A Strasbourg, les pompiers ont éteint des feux de poubelles devant le lycée professionnel Geiler de Kaysersberg, tandis qu'à Nice plusieurs vélos électriques en libre-service ont été incendiés devant le lycée privé Don Bosco.
Au lycée Guillaume Budé, à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), le blocage se poursuivait même si des cours ont été maintenus. À Tours, un feu de poubelle près du lycée Paul-Louis-Courier a provoqué une fuite de gaz enflammée, conduisant à l’évacuation de l’établissement, selon les pompiers.
A Nantes, le proviseur du lycée Guist’hau a annoncé l’annulation des cours après un nouveau blocage et la préfecture a rapporté "plusieurs actions de blocage" dans l'agglomération rennaise. A Reims, dans le département de la Marne, 29 établissements sont concernés par les perturbations" et "25 interpellations" ont eu lieu selon la préfecture.
"On ne cautionne pas la casse, nous on est vraiment venus pour défendre nos droits, parce qu'on a des horaires terribles, on fait des 08H00-18H00 et c'est pas normal", a déclaré Juan du lycée Montbello à Lille.

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